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samedi 19 avril 2014

Morts aux cons




Racoleur à souhait, voilà un titre qui doit parler à tout le monde. Un secret inavouable partagé par, j’en suis certaine, une grande partie de la population. Mais qui passerait des mots à l’acte ?

Pour le narrateur, tout a commencé un soir où, agacé par le chat de la voisine, il le défenestre. Un peu radical dirons-nous. Il en résulte néanmoins un élan de solidarité, de convivialité entre les habitants de l’immeuble qui n’a jamais existé jusque-là. Il y voit une révélation et un projet germe dans son esprit : s’attaquer aux animaux domestiques du quartier pour recréer l’élan apparut dans son immeuble. Méthodique et appliqué, il prend grand intérêt à sa nouvelle mission. Sauf que petit à petit les cibles changent. Ce ne sont plus que les animaux qui sont visés mais les propriétaires. Puis il déménage, pour faire plaisir à sa femme, et continue son œuvre. Sa femme, d’ailleurs, ne remarque rien d’anormal dans le comportement de son époux.

Des animaux, il passe à leurs propriétaires, puis aux français lambda qu’il croise. Il y a le bricoleur « Patinex », le chauffard sur l’aire d’autoroute, un DRH, l’employé de la CAF,… La liste est longue (144 personnes quand même! Mais que fait la police?). Les accidents déguisés deviennent parfois des meurtres de sang-froid. Tout au long il s’interroge sur ses méfaits, veut absolument trouver le point commun de ses victimes. Grâce à son psy qui l’encourage (où va le monde), il trouve enfin : les cons ! Et à partir de là les meurtres s’enchaînent.

Le but du narrateur n’est pas d’exposer tous les détails macabres mais plutôt de partager ses réflexions, le tout dans un style humoristique, cynique qui fait passer la gravité de la chose en douceur. Ce qui plaît, c’est que le narrateur venge fictivement le lecteur qui s’est obligatoirement à un moment donné retrouvé dans la même situation. Pour ça disons lui merci !

On rigole, on s’indigne, on s’amuse de ce super-héros déjanté à la morale perturbée, jusqu’à un certain point. Pour moi les dernières pages sont trop longues, trop philosophico-n’importe quoi. Il part dans un délire qui devient longuet.

Vous me direz enfin Mais comment ne se fait-il pas prendre? Eh bien c’est une très bonne question qui, heureusement, trouve sa réponse à la fin. Parce que soyons franc, au bout de 140 et quelques meurtres, il y a de quoi se poser des questions sur l’efficacité policière! Mais là aussi le but du livre n’est pas  de montrer une enquête. Ce livre est un manifeste contre la connerie. 

vendredi 18 avril 2014

Le Cycle de Merlin




Le Cycle de Merlin de Mary Stewart se décline en trois volumes, assez conséquents, puisque la totalité avoisine les 1800 pages.
 

Volume 1 : La grotte de cristal
Volume 2 : La colline aux milles grottes
Volume 3 : Le dernier enchantement

Je vais parler du Cycle en lui-même, sans faire de distinctions entre les volumes puisqu’ils se suivent directement. Comme son nom le laisse deviner, ce Cycle se concentre bel et bien sur le personnage de Merlin, en s’inspirant toujours des légendes arthuriennes.

Ce récit est plus terre à terre, ne cherchant pas à émerveiller mais plutôt à faire valoir un point de vue peu développé dans d’autres œuvres. Mary Stewart s’est intéressée ici au côté historique de la légende de l’enchanteur. Le Cycle détaille ainsi les nombreuses guerres liées à l’existence de Merlin. Il y a tout d’abord la conquête de « l’Angleterre » par Ambrosius, ensuite les guerres menées par Uther, son frère et enfin celles menées par Arthur, le fils de ce dernier.

Mais que celui qui cherche la magie passe son chemin. Ici, point de baguette et d’incantations mais plutôt une attente de visions divines et beaucoup de chance. De même pour le mythe d’Arthur, des chevaliers etc…qui est quasi inexistant.

C’est bien de Merlin dont il est question.

Le Cycle commence tout simplement par l’enfance de Merlin, avec en prologue les circonstances de sa conception. Il n’est pas que magicien, il est surtout humain : il a un foyer, une mère et un père (quelque part). C’est durant son enfance qu’il découvre ses « pouvoirs » ou du moins ses prédispositions à être sensible à la Nature et aux visions du Dieu qui le guidera tout au long de sa vie. Il sera initié par un vieux magicien nommé Galapas pour ensuite suivre sa destinée. En fait, Merlin est décrit comme un pantin au service du Dieu qui lui dictera ses actions dans le but d’élever Arthur au rang de Roi Suprême.

Sa réputation de magicien tiendra surtout du bouche à oreille des superstitieux : lorsqu’ils voient de la magie, Merlin reste scientifique (pour l’édification de Stonehenge). Il est également fin stratège et maître des déguisements (pour la fameuse conception d’Arthur). Rien de magique là-dedans dit-il. Pourtant doucement le mythe s’installe et Merlin l’utilisera lors de ses déplacements « politiques » en sa faveur, pour le bien de l’idéal qu’il construit autour du règne d’Arthur.


Nul besoin de détailler les aventures de Merlin, l’essentiel est là (Uther, Arthur, Morgause, Excalibur…) pour ravir les passionnés des légendes arthuriennes. Il y a énormément de longueurs, mais pourtant les pages défilent et les livres se dévorent, parce que, mine de rien, il s’en passe des choses dans la vie de l’ermite. C’est ce paradoxe qui me fait aimer cette lecture sans pour autant la classer dans les must-read. 

samedi 5 octobre 2013

Les Aventures de Miss Alethea Darcy


La critique éclair



Ceci est la suite des Filles de Mr Darcy. Elizabeth Aston réussit pour la seconde fois son pari de faire (re)vivre l'univers de Jane Austen d'une façon toujours très discrète. Dans ce nouveau volet les personnages originaux d'Orgueil et Préjugés sont encore plus effacés pour laisser pleinement la place à ces nouveaux personnages.

Alethea, la cadette des filles Darcy est depuis peu mariée à Norris Napier. Sauf que le roman s'ouvre sur une fugue. Alethea s'enfuit du domicile conjugal avec Figgins son ancienne femme de chambre. Malheureuse, maltraitée par son mari, elle décide courageusement de fuir jusqu'en Italie pour rejoindre sa sœur Camilla. Deux femmes allant à l'étranger sans escorte : shocking! Pour régler ce point, elles seront habillées en hommes : shocking² si elles sont découvertes ! En parallèle, nous est présenté Titus Maningtree un homme au tempérament de feu qui lui part sur les traces d'un tableau perdu qui lui est cher. Disons que dès le deuxième chapitre on se doute fortement de ce qu'il adviendra de ces deux-là ! Les deux intrigues ne sont jamais très éloignées et Titus aura un rôle prépondérant dans les aventures d'Alethea. Mais arrêtons là avant que trop ne soit révélé.

Comme l'indique le titre, Alethea vivra bien des aventures, bien des rebondissements au cours de ce voyage via Paris, la Suisse pour rejoindre Venise où là encore tout ne sera pas aussi facile qu'elle l'avait espéré. La qualité du roman est là, à l'instar du premier volet. On ne s'ennuie pas une seconde. Définitivement un auteur à découvrir.

vendredi 20 septembre 2013

La mort s'invite à Pemberley




Après Jane Austen eu cœur de l'enquête, voilà Elizabeth et Darcy plongé au cœur d'un meurtre sur leur propriété! Les policiers ont bon train et ce n'est personne d'autre que la célèbre P.D James qui s'est maintenant lancé dans la janeite detective fiction!

L'épilogue résume l'intrigue d'Orgueil et Préjugés avec quelques mots sur les propres inventions de P.D. James pour sa suite. Ensuite le roman sera divisé en plusieurs parties comme « l'enquête » ou « Gracechurch Street » qui sont assez explicites sur leur contenu. En bref, la veille du traditionnel bal de Lady Anne, une voiture vient bouleverser la vie sur le domaine de Pemberley. Lydia Wickham, sœur cadette et turbulente d'Elizabeth, arrive à l'improviste, et bouleversée : son mari et Denny sont dans les bois et des coups de feu ont retentis. Ni une, ni deux, Darcy, le colonel Fitzwilliam et un nouveau venu nommé Alveston se précipitent à leur rencontre. Ils trouvent Denny mort et Wickham en état de choc, répétant que tout est de sa faute, qu'il a tué son ami. Ils sont ramenés à Pemberley. Bien que magistrat, Darcy ne peut s'occuper de cette affaire car impliqué et un autre magistrat est appelé. Ensuite il sera question de mettre au clair quelques mystères (pourquoi Denny est-il sorti de la voiture? Quel mobile pour Wickham? Etc etc..) et d'essayer que tout se termine pour le mieux.

Elle a osé. Oui, P.D. James a osé nous faire des cross-overs entre Orgueil et Préjugés, Persuasion et Emma! Je m'explique. Wickham aurait été employé chez un certain Sir Walter Elliot (avec mini résumé de Persuasion) et le bébé Bidwell (famille importante pour l'intrigue) sera envoyé chez une certaine Harriett Smith récemment mariée à Mr Martin (contextualisation des Knightleys au passage!). La première m'a fait sourire, la deuxième faisait un peu too much.

L'intrigue est plaisante, mais pas transcendante, sans vouloir trop en divulguer on se doute assez rapidement de qui est vraiment impliqué et on attend simplement les révélations. Il n'y a pas d'enquête à proprement parler, simplement un mini jugement à Lambton et un autre un peu plus long à Londres mais qui ne change pas grand chose. L'auteur passe beaucoup plus de temps à faire évoluer les personnages de Jane Austen à sa sauce. Le roman policier devient secondaire, presque accessoire. On attend plus de savoir quels secrets sont gardés et de voir évoluer les personnages de notre roman préféré. 

Ce n'est donc pas un policier à proprement parlé. Par comparaison, les enquêtes imaginées par Stephanie Barron sont beaucoup plus abouties et entrainantes. Dans le même style j'ai entendu parler de romans où Darcy mène l'enquête, à l'instar de Jane Austen chez Barron. Ce qui manque, c'est un personnage central avec un tant soit peu de voix narrative pour faire avancer l'enquête. Mais sans être de mauvaise foi, cela reste tout de même agréable à lire.

dimanche 8 septembre 2013

Les Filles de Mr Darcy





 Depuis quelques années la France s'est laissée envahir par la vague ultra populaire Jane Austen, faisant sans cesse des adeptes. Au fur et à mesure les fans de la première heure se sont réjouis de voir enfin sortir en DVD les adaptations qui dataient de plus de 10 ans ! Le revers de la médaille (question de point de vue bien sûr) c'est l'overdose environnante. Dernier fait en date, les traductions et publications aux éditions Milady, collection « Pemberley » (autant racoler à fond) de suites à Orgueil et Préjugésdont Les filles de Mr Darcy (publication originale en 2003 tout de même), mais également Charlotte Collinsou Caroline Bingley. Les premiers traduits, il en existe bien entendu des dizaines d'autres en V.O. dont quelques-unes point encore toutes lues sur mon étagère spéciale Jane Austen.

J'ai donc lu Les filles de Mr Darcy. Roman d'initiation dans la plus pure tradition de la fin du 18è siècle, Elizabeth Aston se base certes sur certain personnages d'Orgueil et Préjugésmais heureusement pour elle on l'oublie assez vite pour se concentrer sur les aventures de ces jeunes filles de la campagne en pleine Saison à Londres ! Dans l'ordre Letitia, Camilla, Belle, Georgina et Alethea vont faire vivre un petit enfer à leurs oncles protecteurs de la ville, Mr et Mme Darcy étant en voyage à Constantinople. Ne pas convier les héros du roman original dans cette aventure éloigne le récit d'Auten et permet d'éviter trop de comparaisons ce qui m'a beaucoup plut. Petite réserve sur certains rebondissements qui ressemblent énormément à ceux d'Orgueil et Préjugés mais dans un sens il faut avouer que de nombreux romans à l'époque en avaient des similaires également, ce qui somme toute ne gâche pas la fête ! Elizabeth Aston réussit à livrer une intrigue qui tient la route et correspond que je le disais initialement aux codes de l'époque. Les personnages sont hauts en couleurs, drôles et attachants ; tout ce qu'une romance à de mieux à offrir à ses lecteurs.

Après avoir acheté sans conviction et fait mauvaises publicités de ces romans racoleurs publiés en masse j'avoue m'être trompée sur la qualité des Filles de Mr Darcy ! Oubliez la référence et tout ira pour le mieux.

mardi 6 août 2013

Les Yeux jaunes des crocodiles




Journal de bord d'une lecture

Un billet, une note, une critique d'un autre genre qui voit le jour ce soir, sur la terrasse abritée mais qui laisse tout le loisirs de profiter d'un vent bienvenu rafraichissant après une autre journée bien ensoleillée de ce mois d'août 2013. Une idée m'est venue, peut être existe-t-elle déjà, je n'ai pas pris la peine de chercher; c'est de tenir une sorte de journal de lecture, au jour le jour. Quelles impressions suivent la découverte de personnages lors de la première lecture. L'idée n'a pas germé par hasard. Le roman de Pancol est assez épais, quelques 640 pages et pour rédiger une note après la lecture, j'avais peur d'avoir oublié bon nombre de détails et d'impressions.

Au commencement était la présentation des personnages, des univers, des petites choses que l'auteur dévoile dès les premières pages pour accrocher le lecteur: le fameux contrat de lecture. Pour Les Yeux jaunes des crocodiles, le contrat met un paquet de pages à s'établir, non pas les 30 habituelles qui permettent de décider si l'on va poursuivre ou non la lecture mais plutôt une centaine. Parce que ce roman englobe plusieurs héroïnes. Joséphine, Iris, Henriette, Josiane, sans oublier leurs conjoints respectifs. Une scène « d'ouverture » in medias res de ces femmes qui n'ont de prime abord rien en commun. Les premières pages n'étaient, je dois l'avouer, pas enthousiasmantes. C'est bien plus tard que l'on comprend la dimension du roman, en filigrane. Ces femmes sont en fait toutes intimement liées. Filles, mères, sœurs, maîtresses vivent chacune des déboires existentiels. Parce que c'est bien de leur capacité à se définir qui importe, les sentiments viennent ensuite. Se sentir aimé, se (re)construire après une rupture ou simplement exister dans un couple sont des questions traitées par Katherine Pancol à travers ses héroïnes. Les hommes ne sont pas en reste car les compagnons sont également sur la sellette. Eux aussi ont des craintes, des désirs et cherchent à évoluer. 

Je suis à la page 285 maintenant et elles ont déjà bien évolué, tout n'a pas encore été dévoilé, il reste encore bien du chemin à parcourir. Je ne dévoilerai rien de l'évolution de l'intrigue, ce n'est pas le but. 285 pages et je suis déjà un peu accro à ce livre, à cette histoire où tout s'entremêle. Les liens se tissent au fur et à mesure, les ponts se construisent entre les personnages. C'est à Joséphine que je m'identifie le plus, cette médiéviste chercheuse au CNRS qui traduit pour subsister, qui s'épanouit dans des fantasmes mais se torture l'esprit par manque d'assurance. 

Deux jours plus tard. Deux jours où je n'ai décroché mes yeux de ces pages.

En un coup de baguette magique, me voilà déjà à la fin! Ce n'est pas que le roman est palpitant, ce n'est pas un policier à suspense, juste une ronde autour de Joséphine. Ses amours, ses envies, ses emmerdes, et on ne s'en lasse pas! La preuve, on ne veut plus la quitter, elle est son entourage des fois attachant, des fois irritant. Sa sœur Iris et sa fille Hortense en tête pour l'irritation. Philippe et Zoé pour l'attachement. Tout n'est pas merveilleux non plus. Certaines intrigues me laissent pantoise parce que trop abracadabrantesque, je fais référence à l'énigme Shirley/Royal family qui dénote un peu, ainsi que Mick Jagger au téléphone avec Hortense... La fin est un peu bâclée aussi, certains personnages sont laissés sans nouvelles, peut être faut-il attendre La Valse lente des tortues?

L'écriture de Pancol est originale, dans le sens où elle mélange discours libre des personnages, leurs pensées avec le discours du narrateur. Au sein d'un même paragraphe on peut donc avoir les pensées de Joséphine à la première personne avec un commentaire du narrateur. Ça peut être troublant au départ et puis on s'habitue très facilement. Ensuite grâce sans doute à son écriture simple, sans fioritures mais fluide et entraînante, je ne décroche pas, je reste happée dans cette histoire subjuguée, comme Antoine, par les yeux jaunes des crocodiles.



samedi 3 août 2013

Oscar Wilde and the Nest of Vipers




This series still delivers adventures. For now I have read four of them. The first described previously is The Candlelight Murders, which has been followed by The Ring of Death, The Dead Man Smile and The Nest of Vipers lastly acquired during my stay in the UK. Volumes are rather unequal in quality but attachment to characters is a motivation sufficient enough to pursue book after book.

The first three books following the same pattern and narrative construction, it is then a good surprise to discover that the The Nest of Vipers bears some original writing. There is the usual introduction of the story by Robert Sherard; there he meets Oscar Wilde after he has come out of jail to announce him his will to publish a manuscript from an adventure involving HRH The Prince of Wales (next-to-become King Edward VII, son of Queen Victoria). Sherard makes Wilde read it. At this point the reader comes and enters the story. Being at the moment only a manuscript, Brandreth has cleverly chosen to present his work as pieces: Robert's notes or Conan Doyle's, letters from husbands to wives, telegrams or extracts from diaries. In other words various documents in order to grasp hints, thoughts or facts. The reader is thus carried from a point of view to another which ads a sense of immediacy for the reader who is willingly taken into the story and in a way made to participate event though the final answers are given by Oscar, and Oscar alone, without any hint given before. Mystery must be preserved.

Reading this new adventure was somehow refreshing and to speak more about the plot in itself, it happens that The Nest of Vipers focuses on a death (not too surprisingly) in the context of hysteria, the famous nineteenth century illness. Not to mention fantasy (fangtasy if I dared) with vampires gravitating towards our heroes. Our curiosity is also arisen by the presence of the Prince of Wales. HRH involved with a death, how so? How shocking! How deliciously readable.

lundi 30 avril 2012

Abraham Lincoln Vampire Hunter




L'auteur se met en scène dans l'introduction, où il rencontre un certain Henry qui le sollicite afin de rédiger la vraie biographie d'Abraham Lincoln à partir de journaux intimes. Seth n'était pas préparé pour ce qu'il va découvrir.

What follows nearly ruined my life.
What follows, at last, is the truth.
 - oui, bien sûr. Toujours penser à la mise en scène!

La biographie se divise en trois parties, l'enfance de « Abe » Lincoln, sa jeunesse de chasseur de vampire et enfin sa maturité de président. Tuer des vampires, c'est pour Abe assouvir sa soif de vengeance. Sa propre mère a été tuée par un vampire. Lors d'une chasse, il croisera sur sa route un certain Henry (le même, vous l'aurez deviné) qui malgré qu'il soit un vampire, le guidera, le formera, et le transformera en homme de main prêt à exterminer n'importe quel vampire désigné par Henry, qui lutte contre sa propre espèce.

Judge us not equally, Abraham.We may all deserve hell, but some of us deserve it sooner than others.

Sauf qu'un jour, le jeune Lincoln assiste à une scène décisive pour la suite: des esclaves achetés pour servir de repas à des vampires. A partir de là commencera le combat pour la libération des esclaves, pour l'extermination des vampires, jusqu'à la guerre civile.

Seth Grahame-Smith réussit avec Abraham Lincoln ce qu'il a échoué de faire avec Jane Austen: créer une œuvre originale qui tient un tant soit peu la route, le tout à mon avis parce qu'il ne s'attaque pas un texte classique. Même s'il est évident que c'est une fiction, ce n'est pas trop farfelu pour être ridicule. Il faut peut être oublier qu'Abraham Lincoln fut bien réel? Néanmoins Grahame-Smith sait captiver son lecteur. Le livre ne se lâche pas, ce qui prouve que ce n'est pas si mal que ça. Les puristes s'abstiendront, les curieux seront les bienvenues. Le seul reproche peut être serait que le mélange journaux et textes n'est pas heureux, et souvent mal utilisé. On se perd entre les écrits d'Abraham et l'analyse-histoire du biographe.

Une adaptation ciné devrait bientôt sortir également.  Trailer que voilà :


 

dimanche 22 avril 2012

The Boleyn Inheritance




1539. Trois ans après l'exécution de sa deuxième femme Anne Boleyn, et deux après la mort en couches de Jane Seymour, Henry VIII est prêt à se remarier. Son choix se portera sur Anne de Clèves. Mais après un incident fâcheux qui blesse le roi dans son amour propre, elle devra affronter le rejet d'un souverain qui ne veut plus d'elle, préférant une de ses jeunes compagnes, Katherine Howard. Tout le monde connaît l'acharnement de cet homme quand il s'agit d'obtenir l'objet de son désir et c'est là que Anne devra faire preuve de courage. Le roman montre également Henry sous le charme de sa nouvelle reine et cinquième femme : Katherine qui a réussi une ascension vers la gloire et surtout la richesse.

Après la double vision des événements pour The Constant Princess, Philippa Gregory dévoile un nouveau procédé pour The Boleyn Inheritance en mêlant dans ce roman les voix de trois femmes très différentes. Les chapitres alternent les focalisations à la première personne pour que nous lecteurs vivions l'action au plus près de ses protagonistes. De plus nous avons accès aux pensées les plus intimes de ces femmes dont les des destins intimement liés ont pris des directions bien diverses.

La première, Jane Boleyn a connu toutes les reines d'Henry et a participé à la chute de sa belle-sœur Anne. Elle est montrée comme une manipulatrice à la botte du grand chef d'orchestre de la famille, le Duc de Norfolk. Prête à tout mais aussi fragile, elle est à la limite de la sanité après les épreuves qu'elle a vécues. Ses remarques constantes au sujet de son défunt mari et Anne Boleyn en sont les principaux indices. Cependant la forte redondance de ces remarques donnent une impression de lourdeur qui aurait pu être épargnée par la suppression de quelques pages. Cela rappelle The Constant Princess et la référence continuelle de Katherine à sa mère.

Anne de Clèves est l'étrangère qui rappelle Katherine d'Aragon mais qui ne peut ne serait-ce que l'égaler. Heureuse d'être libérée du joug de son frère, elle espère trouver en Angleterre une liberté dont elle n'a jamais pu rêver. Sous le charme du pays, elle ne parviendra pourtant pas à tomber sous le charme du roi maintenant âgé de 48 ans. Malgré la rigueur, la ténacité et le sens du devoir propres à ceux d'une reine, elle manquera de se forger une place à la cour, à cause d'une instruction incohérente avec la cour d'Henry et une culture qui l'éloigne et la dessert aux yeux du roi.

Enfin arrive Katherine Howard, parente des Boleyn, une jeune fille de seize ans qui ne pense qu'aux bijoux, aux belles toilettes et aux flirts. Elle parvient à séduire le roi et ce par vanité et vénalité. Ses pensées montrent à quelle point elle reste naïve (pour ne pas dire stupide) tout au long de son passage à la cour et surtout superficielle, comptant ses robes et ses bijoux à longueur de temps.

A nouveau The Boleyn Inheritance (L'héritage Boleyn en français, publié chez Archipoche) est un roman qui si lit d'une traite et est d'une grande qualité. Cette période à la fois terrifiante et fascinante de l'histoire anglo-saxonne y est pour beaucoup, ainsi que l'écriture simple et efficace de Philippa Gregory, auteur qui se renouvelle dans les procédés stylistiques de ses romans.

mardi 10 avril 2012

The Darling Strumpet






Le titre se traduirait par Un amour de courtisane, courtisane étant plus joli que prostituée à mon goût.

Encore à peine une enfant, Nell Gwynn décide qu'elle est assez grande pour quitter sa mère, une femme amère et violente. Mais comment subvenir à ses besoins dans le Londres de 1660 quand tout ce qu'elle a jamais fait est de vendre des huîtres à la sauvette? La solution qui tombe sous le sens pour elle est la prostitution. Elle essaye d'abord seule mais le métier s'avère plus dangereux qu'elle ne le pensait. Elle va alors rejoindre sa sœur Rose, prostituée dans le bordel de Mme Ross. C'est là qu'elle fera ses premières armes et qu'elle se bâtira une première réputation.

Pourtant ce sera bientôt le monde du spectacle qui attirera la darling strumpet comme l'appellera plus tard son « tuteur » libertin Rochester. Devenue vendeuse d'orange au théâtre, elle franchira une autre étape avec l'aide de ses amis de la troupe, pour devenir une actrice incontournable de la scène londonienne. C'est grâce à sa grande ambition et son charisme indéniable que la jeune Nell va faire tourner la tête des plus grands, et surtout celle du roi Charles II. De vendeuse d'huître à maîtresse du roi, de jeune fille à femme mûre, Gillian Bagwell retrace la vie de cette célèbre femme qui n'a pas eu une vie des plus simples. Les enjeux sociaux de l'époque sont également très bien présentés car Nell est une jeune femme qui a le plus souvent la tête sur les épaules et qui se doit d'être pragmatique.

Biographie romancée qui se veut la plus respectueuse possible, The Darling Strumpet est à la fois une œuvre touchante et documentaire; une fiction historique comme on les aime. De plus l'auteur a une écriture fluide et entraînante, édulcorée et précise (attention âmes sensibles), pour décrire et raconter la vie bien remplie de Nell Gwynn.

dimanche 18 mars 2012

The Understudy




David Nicholls est l'auteur du roman nouvellement célèbre en France Un jour (One Day), qui est son troisième en fait. Avant ça, il a écrit Starter for Ten et, plus à propos aujourd'hui, The Understudy (la doublure), qui me fait dire que je dois me procurer Starter for Ten assez rapidement, One Day étant déjà sur l'étagère.

The Understudy, c'est l'histoire du tristement pas célèbre Stephen C. McQueen, à ne pas confondre avec le célèbre américain. Ce cher Stephen aime le cinéma, il aime jouer, il rythme sa vie avec des didascalies. Sauf que ses rôles de prédilections sont soit des écureuils chantant, soit des cadavres sur tables d'autopsies ou comme récemment la doublure au théâtre du 12è homme le plus sexy du monde Josh Harper. Oui, Stephen n'a pas de chance et attend son big break, le moment où il sera enfin sur le devant de la scène. Convié à l'anniversaire de la grande star Harper, Stephen rencontre sa femme, Nora. Sexy, drôle et pas très heureuse, elle trouvera en Stephen un allié de choc.

Comment faire pour faire comprendre à son ex-femme et sa fille de 7 ans que sa carrière d'acteur n'est pas une voie sans issue? Comment obtenir son big break? Comment ne pas trop tomber amoureux de la femme de la star? Autant de questions qui trouveront réponses dans ce roman hommage au cinéma à l'humour extraordinaire et au rythme soutenu. Les commentaires de Stephen sur sa vie, ses amours et ses emmerdes sont incroyablement percutants et intelligemment drôles. The Understudy se dévore et régale son lecteur. Pour peu que vous aimiez le cinéma et l'humour British, ce roman est fait pour vous! Il n'a pas encore été adapté au cinéma, mais je ne pouvais m'empêcher de visualiser l'excellentissime Simon Pegg dans le rôle Stephen qui serait tout bonnement parfait.

mardi 6 mars 2012

The Constant Princess






Premier volume de la grande série de Philippa Gregory sur les Tudor qui s'intéresse de près à la vie de Katherine, ou Catalina, infante d'Espagne. Belle-fille du roi Henry VII, épouse d'Arthur d'abord et future reine du roi Henry VIII.

Tout d'abord, The Constant Princess est un roman à titres. Princess of Wales, Infanta of Spain, wife of Arthur, Dowager Princess (titre de veuvage à la mort d'Arthur), Queen of England, autant de titres attribués à Katherine d'Aragon. Dès sa naissance ou presque Katherine est promise au trône d'Angleterre; toute son éducation s'est ainsi basée sur point. Le choc des cultures est pour le moins rude pour la jeune fille: il fait froid, les règles d'hygiène sont quasi inexistantes et les fruits et légumes sont dit mauvais pour la santé (ah ah!). A première vue ce n'est pas non plus le grand amour avec fiancé puis époux, Arthur. Heureusement cela change assez vite et nous voilà au cœur d'une histoire d'amour incroyablement touchante et prenante. Pas de spoiler ici si je vous dit que malheureusement ce sera de courte durée et que bientôt Arthur ne sera plus là. Vient alors une lourde promesse faite par Katherine : devenir reine à tout prix auprès de 'Harry', le petit frère... L'espagnole, fière et tenace, devra surmonter bien des épreuves pour enfin monter sur le trône. C'est ce que la suite du roman raconte. C'est là que je laisse la place à la prose de Philippa Gregory.

Le roman alterne une narration à la troisième personne, mais toujours ou presque du point de vue de Katherine qui est vraiment le cœur du roman, avec des parties à la première personne, celle de Katherine toujours, qui reprend en son for intérieur les événements passés en les commentant. Nous avons donc un mélange assez intéressant de focalisations qui ajoutent un petit plus à ce roman. Que dire du personnage principal? Il lui faudra beaucoup de temps pour devenir elle-même et non plus se baser sur un titre. Un nombre important de répétition également à travers le roman qui deviennent assez lourdes comme les appels à sa mère en Espagne, Arthur, ou encore à Dieu. Elle en devient agaçante même; son caractère fier est omniprésent dans le texte tout comme sa constance, sa ténacité face à l'adversité. Heureusement, la maturité prend le dessus et le personnage évolue.

Le roman ne quitte pas, ou très peu, tellement l'histoire est bien ficelée, et crédible qui plus est, bien que romanesque! Ce volume constitue une excellente mise en bouche pour toute la série de Gregory, et un soulagement face à ma légère déception de la lecture du cinquième volume, The Virgin's Lover.

Pour ceux qui ne se sentent pas le courage de lire en anglais, j'espère que ces volumes vont bientôt être traduit en français. Pour l'instant vous pouvez retrouver les deuxième et troisième en français, dû au succès de l'adaptation cinématographique avec Natalie Portman, Scarlett Johansson et Eric Bana. Les titres sont Deux sœurs pour un roi et L'héritage Boleyn.

mardi 3 janvier 2012

[archives] Lectures de 2011

Janvier
1. Robert Louis Stevenson, The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde
2. Henry James, The Turn of the Screw 
3. Stephanie Barron, Jane Austen et le Révérend 
4. Michael Kramp, Disciplining Love : Jane Austen and the Modern Man 
Février 
5. Pierre-Louis Giannerini, Amour et érotisme dans la sculpture romane 
6. Joseph Sheridan Le Fanu, Carmilla
7. Jane Austen, Pride and Prejudice
8. Gyles Brandreth, Oscar Wilde and the Candlelight Murders (fin)
Mars
9. Deborah Cartmell & Imelda Whelehan, Adaptations : From Text to Screen, Screen to Text (chapters)
10. Deborah Cartmell & Imelda Whelehan, The Cambrigde Companion to Literature on Screen (chapters)
11. Deborah Cartmell, Jane Austen's Pride and Prejudice: The Relationship Between Text and Film
12. Cornelia Funke, Sang d'encre 
Avril
13. Joyce Carol Oates, editor. The Oxford Book of American Short Stories
Robert Louis Stevenson, The Strange Case of Dr Jekyll and Mr Hyde
Henry James, The Turn of the Screw 
14. Philippe Claudel, Trois petites histoires de jouets 
Mai
15. José Frèches, Les dix mille désirs de l'Empereur
16. Jasper Fforde, The Last Dragonslayer
Juin
17. Amy Tan, The Joy Luck Club
18. Iny Lorentz, La catin, 1
19. Cornelia Funke, Mort d'encre 
Juillet 
20. Jin Yi, Mémoires d'une dame de cour dans la Cité Interdite
21. Iny Lorentz, La catin, 2: La Châtelaine
22. Stephanie Barron, Jane Austen et l'arlequin
Août 
23. Benedetta Craveri, Reines et favorites, le pouvoir des femmes
24. Iny Lorentz, La catin, 3: Le testament de la catin 
25. Sue Townsend, La Reine et moi 
26. Mary Davys, The Accomplish'd Rake
Septembre 
27. Laurence Sterne, The Life and Opinion of Tristram Shandy, Gentleman
Octobre
28. Baldesar Castiglione, The Book of the Courtier
29. Thomas Hardy, Tess of the D'Ubervilles 
30. Erin Mackie, Rakes, Highwaymen, and Pirates. The Making of the Mordern Gentleman in the Eighteenth Century (selected chapters)
31. Homai J. Shroff, The Eighteenth-Century Novel: The Idea of the Gentleman 
32. M. C. Beaton, Belinda Goes to Bath
Novembre 
33. Simon Pegg, Nerd Do Well
34. Robert Winder, The Final Act of Mr Shakespeare 
35. Henrietta Leyser, Medieval Women: A Social History of Women in England 450-1500 
36. Audrey Niffenegger, The Time Traveler's Wife 
Décembre 
37. Philippa Gregory, The Virgin's Lover
38. Lesley Downer, La dernière concubine
39. Gyles Brandreth, Oscar Wilde and the Ring of Death
40. Cliffsnotes on Sterne's Tristram Shandy
41. A Bandry-Scubbi et M. Descargues-Grant, Tristram Shandy, Laurence Sterne (CAPES - Agrégation)

lundi 28 novembre 2011

The Time Traveler's Wife






Clare a rencontré Henry, l'amour de sa vie, à l'âge de 6 ans, quand lui en avait 36. Henry a une déficience génétique qui lui permet de voyager dans le temps, sans pouvoir le contrôler. Il partagera l'enfance de Clare mais lui ne la rencontrera pour la première fois qu'à ses 28 ans, quand Clare en aura 20. Rien de malsain dans tout ça, même si j'avoue que j'ai été un peu dérangée par ces années de visites qui permettent à Henry de rattraper le temps perdu, les 28 ans qu'il a passé sans connaître Clare.

C'est la formidable histoire d'amour d'un voyageur du temps, une œuvre à la fois sentimentale et de science-fiction très originale et très émouvante. Audrey Niffenegger alterne ingénieusement la focalisation des personnages. De ce fait un événement est vu par les yeux de Clare et Henry alternativement. Cet effet rend le roman riche et personnel, plus intimiste que s'il avait été raconté par un narrateur quelconque. Parce qu'il faut vraiment avoir affaire aux sentiments les plus personnels de ces personnages dont nous observons la lutte constante pour la normalité dans une situation qui est loin de l'être.

Chaque partie est précédée de la date et de l'âge de Clare et Henry, autrement il aurait été impossible de se retrouver dans ce labyrinthe d'événements passés, présents et futurs pour Clare alors qu'ils sont à venir pour Henry et vice versa. Ce qu'il faut retenir de ce roman ce sont des épisodes poignants qui ont la grande qualité de ne pas tomber dans le niais, jamais. Les voyages d'Henry laissent des traces, des indices que le lecteur et même les autres personnages ne comprennent parfois que plus tard. Tout ça grâce à, ou cause de, tous ces aller-retours entre le connu, l'inconnu et le réel. Ce n'est vraiment qu'à la fin du roman que nous pouvons remettre en ordre le puzzle des événements pour connaître l'histoire complète de Clare et Henry.

Pour les plus curieux, le titre est impossible à traduire en français pour que ce soit jolie. Au final, la traduction française porte le nom de Le temps n'est rien, et le film Hors du temps. Film à me procurer d'urgence.

dimanche 13 novembre 2011

The Final Act of Mr Shakespeare



Robert Winder a imaginé la façon dont Shakespeare aurait créé sa dernière pièce de théâtre. Alors qu'il rendait visite à un prisonnier de la Tour de Londres, Shakespeare est appréhendé par Sir Coke et est prié d'écrire une pièce élogieuse sur Henry VIII pour le roi actuel, James I. Mais Shakespeare ne l'entend pas de cette façon, surtout quand il est violemment sorti de sa retraite. Lui vient alors l'idée d'écrire une toute autre pièce, sur Henry VII, afin de rétablir la vérité. Aidé par sa troupe de théâtre, the King's Men, formé de Burbage, Heminge et Alleyn entre autres, Shakespeare va commencer un jeu dangereux, parce qu'il n'est pas sans risques de traiter de la monarchie, et encore moins des Tudor.

Pièges, secrets, suspicions et révélations seront au cœur de ce roman où le lecteur assistera aux différentes étapes de la création d'un pièce de William Shakespeare. Chaque membre de la troupe appose sa marque dans l'édification d'une œuvre du célèbre auteur. Il était très intéressant de voir comment Shakespeare aurait pu créer ses pièces. De plus, Robert Winder est allé jusqu'à lui-même créer Henry VII et à l'introduire dans son roman. Une bonne surprise.

Robert Winder nous a ainsi concocté un thriller post-élisabéthain d'une grande qualité. On suit l'évolution de la pièce et comprend mieux au fur et à mesure à quel point son écriture est dangereuse. Aussi, à la fin du livre on comprend que le titre du roman était en fait un formidable jeu de mots, dont je vous laisserai découvrir la signification par vous-même.

dimanche 6 novembre 2011

Nerd Do Well




Simon Pegg est maintenant connu pour son duo avec Nick Frost, les deux amis ont confectionnés quelques-uns des plus originaux films britanniques de ces dernières années, à savoir l'hommage aux films de zombies Shaun of the Dead, le buddy-cops film Hot Fuzz et le sci-fi ovni Paul.

Après avoir brillé sur les écrans, Simon Pegg a choisi la voix ou voie (au choix) littéraire pourpartager ses mémoires et surtout faire état de son parcours extraordinaire d'un enfant du Gloucestershire (a)typique qui aimait tellement l'art dramatique qu'il a réussi à en faire son métier. Impressionnant. L'accroche du livre est « A small boy's journey to becoming a big kid », en effet on ne pourrait pas mieux décrire le parcours de Simon Pegg qui au final, continue à faire ce qu'il a toujours fait, c'est à dire évoluer dans un monde de fan de science-fiction, de zombie, de théâtre et de stand-up. Même après avoir l'assurance que son travail est apprécié et reconnu, il continue à être le jeune fan de Star Wars qui est anxieux et troublé à l'idée de rencontrer Carrie Fisher ou George Lucas, ce qui montre la grande simplicité de cet acteur.

Simon Pegg a voulu faire deux choses dans ses mémoires. D'une part nous raconter pleins de détails sur ses premières copines, et ensuite nous expliquer comment il est devenu le Simon Pegg que nous connaissons aujourd'hui. D'autre part, il a voulu raconter les aventures de Simon Pegg le milliardaire un peu super-héro accompagné de son side-kick Canterbury le super robot. Ces intermèdes loufoques donnent au livre un air moins solennel. Mais pour ma part ses mémoires étaient tout de même beaucoup plus prenantes! Ce n'est pas qu'il a eu une vie extraordinaire, c'est surtout sa passion pour le cinéma et la comédie et son parcours on ne peut plus normal qui est impressionnant. Sans parler de son talent indéniable pour l'écriture (d'accord, on l'avait déjà remarqué dans ses scénarii mais là j'ai vraiment été bluffé). Ses analyses cinématographiques sont également très prenantes et très intelligentes. J'ai dévoré ce livre où la fluidité de son écriture, son humour, son authenticité ne sont que des éloges supplémentaires pour cet acteur-auteur que j'affectionne depuis Shaun of the Dead sorti en 2005 en France.

lundi 29 août 2011

La Reine et moi



Elisabeth II vit son pire cauchemar: l'opposition est maintenant au pouvoir. Menée par Jack Barker, elle éradique la monarchie, expulse la famille royale et prend possession de tous les biens de la couronne. L'ex-famille royale est délocalisée dans un quartier pauvre de Londres. Elle ne jouit de plus aucun droits, ni faveurs. How shocking! Certains s'en accommodent (Charles, Elisabeth), d'autres le vivent très mal (Philippe). Cependant la famille est chaleureusement accueillie par le voisinage qui s'empresse de les aider à s'adapter à leur nouveau mode de vie.

Le tout est un peu trop invraisemblable pour être efficace. Sue Townsend a eu une très bonne idée d'intrigue, à la fois drôle et qui fait réfléchir, mais sa mise en œuvre est tournée vers l'extrême, ce qui me laisse quand même dubitative. Des passages sont certes drôles mais pour moi la sauce ne prend pas. La fin plus que brutale me fait penser que ce livre est à l'image d'un rêve: on l'oublie vite.


lundi 15 août 2011

Reines et favorites



Ce livre, à classer du côté des essais historiques, est un résumé de l'Ancien Régime, vu côté femmes. Benedetta Craveri, historienne italienne, n'appelle pas à l'exhaustivité mais distille parmi ses pages une franche curiosité et un désir d'en savoir plus. Ces portraits montrent la façon dont les femmes « royales » étaient perçues, voire tolérées dans certains cas.

De Diane de Poitiers, maîtresse du roi Henri II, à Marie-Antoinette, femme de Louis XVI, l'auteur alterne reines et maîtresses (ou favorites) dans le bal magistral orchestré par la monarchie française de l'Ancien Régime. C'est tantôt les reines en titre qui jouent un rôle important dans le règne de leur maris, tantôt la femme supposée de l'ombre, la favorite. Volontaires ou effacées, ces femmes ont presque toutes eu un destin tragique.

L'écriture fluide de l'auteur permet une lecture aisée pour ce petit résumé historique. Pour être à même de comprendre tous les enjeux et fais historiques dont il est question, une base certaine est nécessaire. Néanmoins au fil du texte, les événements se recoupent et s'expliquent malgré une généalogie dense et croisée dans toute l'Europe. Benedetta Craveri ne cherche pas à nous expliquer tous les détails de la vie de ces femmes mais plutôt à nous montrer comment elles se sont faites une place dans l'histoire.


vendredi 8 juillet 2011

Mémoires d'une dame de cour dans la Cité Interdite



JIN Yi était un jeune historien chinois quand il rencontra He Rong Er, une ancienne dame de cour de l'impératrice douairière Cixi devenue femme de ménage quand sa carrière au palais eut été terminée. Bien que vivant recluse et très pudique, He Rong Er se confia à JIN Yi, ces deux personnes devenant amies au cours du temps. Le jeune homme, l'auteur-transcripteur, a ainsi recueilli les souvenirs de la vieille dame de cour et a constitué ces mémoires, qui forment un témoignage authentique de la vie à la Cité Interdite au début du XXè siècle.

Ces mémoires sont divisées en quatre parties. Tout d'abord, les généralités de La vie des femmes de cour, puis La vie quotidienne de l'impératrice douairière Cixi, Le petit et le grand remplissage des greniers qui relate la vie au palais d'Eté, et enfin La vie de He Rong Er avec l'eunuque Liu, une partie malheureusement très courte. La préface commence par une citation forte, et importante, de l'héroïne, « Je suis tombée du ciel. Seulement, au lieu de mettre pied à terre, j'ai atterri directement dans les latrines », pour résumer sa vie. 
 
La vie d'une femme de cour n'est pas de tout repos, même si servir l'impératrice peut être gratifiant. He Rong Er est entrée au service du palais à l'âge de treize ans. Traditionnellement les jeunes filles choisies ne quittent jamais le palais jusqu'à leur vingt-cinq ans âge auquel elles sont renvoyées dans leurs familles pour être mariées. Sauf pour l'héroïne, qui a pu déroger à la règle. Son rôle auprès de l'impératrice? La servir à fumer. D'un point de vue plus général, les dames de cour, ou les eunuques d'ailleurs, devaient être efficaces sans prononcer un mot. La moindre erreur se payait cher et ils devaient être rigoureux. 
 
J'ai été captivée par ce récit. Même si ces mémoires ont été transcrites par JIN Yi et ensuite traduites du chinois, une intimité entre cette femme et le lecteur s'installe. Par ailleurs, les mystères entourant la vie à l'intérieur de la Cité Interdite ont toujours fasciné, sinon titillé la curiosité des occidentaux. Ce livre permet de lever un léger voile sur les-dits mystères. On en apprend plus (même si on s'en doutait) sur le protocole établi autour de l'impératrice ou de l'empereur. Ce qui est assez surprenant, c'est le décalage entre Orient et Occident à l'aube du XXè siècle. Une lecture simplement fascinante.


Deux extraits :

« L'entrée au palais des Beautés
L'été de mes 13 ans, à la veille de la fête de Mai, Nei Wu Fu, le ministère de l'Intérieur, envoya un agent chez moi, annonçant à mes parents que j'avais été choisie. Avant d'entrer au palais, on m'avait appris les règles fondamentales de la cour. Un matin, mes parents m'accompagnèrent à la cour, puis, vers midi, me ramenèrent à la maison. J'ai compris par la suite que cela faisait partie de la stratégie du ministère de l'Intérieur: petit à petit, nous nous accoutumions au palais, nous oubliions la maison, et la séparation avec le milieu familial devenait moins douloureuse. Quelques jours plus tard, mes parents et mes frères sortirent de la maison et me laissèrent seule. Un palanquin vint me chercher et me conduisit devant Sheng Wu Meng, la porte des Dieux de la Guerre. Nous étions une trentaine. Avec trois autres filles de mon âge, je fus conduite par de vieux eunuques à Xu Xiu Gong, le palais des Beautés. Nous dûmes nous agenouiller devant l'impératrice douairière, dans le palais où elle dormait. Dès cet instant, nous étions dames de cour du palais des Beautés. » p.33.


« Deux choses me semblaient extraordinaires dans le palais : la première est qu'il n'y avait pas une seule cheminée dans ces milliers de maisons. On avait peur des incendies. On ne pouvait utiliser que du charbon de bois. Tout le palais était construit au-dessus d'immenses sous-sols, tout comme les maisons ont aujourd'hui des caves. En hiver, les eunuques mettaient du charbon de bois dans de grosses charrettes en fer et les poussaient jusque dans le sous-sol. Ils allumaient un feu qui réchauffait toutes les maisons. Ceux qui vivaient en haut avaient l'impression d'être sur des lits de brique réchauffés. La deuxième était qu'il n'y avait pas de toilettes dans le palais. Les eunuques déposaient des cendres de charbon de bois dans des seaux. Lorsqu'il s'agissait de « grands besoins », on utilisait des pots couverts de charbon. Les cendres de charbon empêchaient les mauvaises odeurs de se répandre dans le palais. Lorsque l'impératrice appelait la « maison des mandarins », on comprenait qu'elle voulait répondre à ses besoins naturels. Les Mandchous appelaient les pots de chambre des familles nobles les « maisons des mandarins ».» p.86

dimanche 12 juin 2011

La catin



Allemagne, 1410.
Marie est sur le point de se marier avec un avocat influent quand elle est jugée pour prostitution et mensonge quant à sa pureté. Diffamée, violée, et rouée de coups en public, Marie est bannie de sa ville natale, Constance. Son fiancé, qui l'a trainée dans la boue et raflé sa fortune, est à l'origine d'une conspiration à grande échelle où la famille Schärer n'était qu'un pion dans l'édifice. Recueillie par Hiltrude, une catin itinérante, Marie se remet doucement de ses blessures et décide que coûte que coûte, elle aura sa vengeance sur Ruppertus Splendidus son ancien fiancé et sur les hommes qui l'ont humiliée. Le prix à payer pour cette jeune bourgeoise sera l'impensable mais l'incontournable pour elle maintenant: embrasser la profession de catin pour réunir l'argent nécessaire à sa vengeance. Dès lors elle vivra d'innombrables aventures avec ses compagnonnes de route jusqu'au moment fatidique où Marie retournera à Constance.

Roman classé dans la catégorie historique. Les éléments de fonds (très loin au fond) font face à l'actualité de l'Allemagne du début du 15è siècle comme le prologue l'atteste. Malgré cela ce livre ne nous fait pas de leçon d'histoire mais nous en apprend plus sur la vie des saltimbanques du Moyen-Age, l'hygiène et le courage de femmes parfois déshonorées, parfois vendues et qui, pour survivre, vendaient leurs corps.
Les 500 pages de l'édition de poche sont passées comme une lettre à la poste en une seule journée. Une preuve de la qualité de ce roman! Le récit est haletant et on ne peut décrocher ses yeux des formidables aventures de Marie et ses amies. On ne s'ennuie pas une seconde, on se délecte d'être plongé ainsi au cœur de l'Allemagne de 1410. Un vrai roman d'aventure au féminin. Il a été récemment adapté pour la télévision, il est même passé en France il y deux ou trois semaines. Par contre j'ai vu des extraits, je crois que je préfère déjà le livre!


Un extrait, décisif pour l'intrigue.

Marie ferma les yeux et sentit le courant de la rivière qui la frôlait doucement. Non, elle ne trouverait pas ici une mort bienveillante et elle n'en avait de toute façon pas envie non plus. Elle maudissait Ruppert, Utz et surtout Linhard, cet infâme traitre. Elle espérait qu'ils iraient en enfer bien avant elle. Pour cela, elle supporterait un destin qui lui avait paru quelques heures, pire que la mort. Elle regarda son amie et inspira profondément.
- Je suis prête, Hiltrude...Mais tu vas avoir beaucoup de choses à m'apprendre.