lundi 7 février 2011

Amour et érotisme dans la sculpture romane



Les miniatures qui décorent les églises n'ont l'air de rien au départ, et puis on les regarde d'un peu plus près. Notre regard les passe en revue et soudain il s'arrête. On se dit que quelque chose cloche, peut être a-t-on mal vu. Non, c'est bien deux personnages qui s'accouplent, sculptés sur une église. A partir de là les questions fusent, et Pierre-Louis Giannerini est là pour tenter d'y répondre dans son essai sobrement intitulé Amour et érotisme dans la sculpture romane. Son but n'est pas de donner des réponses mais bien de nous faire porter un nouveau regard sur le Moyen-Age et les mœurs de l'époque. Au travers de chapitres bien définis, l'auteur passera en revu les points essentiels – avec son bagage d'historien – pour essayer de faire comprendre au public la présence des ses figures particulières. 
 
L'écriture de Pierre-Louis Giannerini est simple, un savoir préalable n'est pas (toujours) nécessaire à la bonne compréhension de l'essai, ce qui est plutôt une bonne chose pour les néophytes. Tout son essai est incrusté d'extraits de la Bible, de chants ou d'autres ouvrages historiques. On retrouve aussi de façon incontournables des photos ou dessins de ces fameuses sculptures. Je trouve dommage cependant que ces photos ou dessins ne soient pas mieux exploitées par des explications plus précises par exemple. Elles sont cités comme références aux textes mais dans certains cas on ne voit pas en quoi justement elles illustrent le passage en question. Ce serait le seul bémol que je trouverai à cet ouvrage qui est après tout très intéressant et très enrichissant. On apprend des choses étonnantes sur les mœurs du clergé, ou la vision de la sexualité à travers les siècles, ou encore de l'influence des pays lointain. Imaginez les moines en « conseillers sexologues » ou des messes où le silence était inconcevable!

Ça vaut le détour, merci à La Louve éditions, à M. Giannerini, à Nota Bene.



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